Angers ricane encore.

Publié le par philibert

Aujourd'hui, il a fait beau.
C'est très important, vu que j'étais fermement décidé d'aller traîner mes guêtres en la bonne ville d'Angers, à la découverte de ses trésors apocalyptiques.

Mais avant, je dois avouer qu'hier au boulot j'ai fait une très très grosse bêtise : dépassé par les 3 palettes et quelques 40 cartons livrés le matin même par notre fournisseur habituel, et encore en train de finir de traiter la grosse livraison précédente, j'ai lamentablement cafouillé lorsque j'ai déballé une dizaine de gros volumes fort beaux traitant du château de Chambord. Les cartons ne contenant rien de plus que les livres (et des kilomètres de papier d'emballage), j'ai très rapidement déduit que ces monographies (que personne au château n'avait commandé) nous étaient imposées par notre centrale d'achat imbécile et autocrate, et qu'il s'agissait sûrement ceux à 7€, vu que depuis quelques semaines ma boite mail est inondée de messages indiquant que deux livres sur Chambord ont été soldés à très bas prix, et que j'en ai déjà un des deux en rayon... 7€ au lieu de 69€, c'est une aubaine !! Alors vite je les étiquette, et peu importe si le code-barre au dos du bouquin indique "article non disponible"... c'est sûrement ça, c'est forcément ça, c'est obligatoirement ça !
Aussitôt dit aussitôt fait, les livres se retrouvent en vente, et bien visibles pour qu'ils partent le plus rapidement possible. J'en ai au passage acheté un pour moi, et entraîné un collègue pour qu'il fasse de même.
Ce matin, je téléphone à ma responsable pour tout autre chose*, et voilà pas qu'elle me pose la question qui appuie bien là où ça fait mal : "tu as bien vérifié le prix de vente de ces livres avant de les mettre en vente ?"
"Mais bien sur que non !!!!!" lui ai-je répondu, avec 40 cartons qui attendent dans le couloir, pourquoi aurais-je perdu mon temps à vérifier auprès de la Centrale pour un truc qui me paraissait tellement évident !?
Moralité, et après rapide vérification ce soir sur le site officiel du CMN (puisqu'ils vendent leurs livres en ligne) ce livre N'EST PAS celui à 7€ (mais son prix n'est pas non plus de 69, il est à 30€ en fait) et on en a vendu la moitié avant que ma chef ne les retire de la vente ce matin.
Oups. Gaffe.
Quelque-chose me dit que mardi je vais devoir me fendre d'un mail plutôt humiliant à ma responsable commerciale pour lui expliquer cette lamentable erreur. Mais tout ça c'est de leur faute, ils n'avaient qu'à pas m'envoyer ces bouquins sans prévenir ni bon de livraison inclus !
Le vrai problème est : vais-je devoir rendre l'exemplaire que je je suis acheté ? Et quid de mon collègue que j'ai poussé à l'achat compulsif ??


Mais tout ça (*en plus de l'erreur de caisse occasionnée, parce que mon collègue a payé avec un billet que j'ai mis dans ma poche au lieu de le mettre dans la caisse) ne doit pas faire oublier que j'ai bravé la A28 sur 2X100 kilomètres pour aller visiter Angers, au risque d'y rencontrer Renan Luce et sa guitare à plumes.

Arrivé sur le coup des 11 heures, j'ai mis un peu de temps à trouver une place pour mon destrier asthmatique (dans une voiture qui roule au diesel il est peu recommandé de mettre su SP95, même juste 10 petits litres), puis me suis dirigé droit sur l'imposante forteresse qui se dresse depuis 800 ans sur son piton rocheux face au Maine et non pas la Loire.

Ça en jette un max.
Petite discussion amicale avec les caissières du château (après tout, comme je leur ai dit, nous avons un administrateur en commun, et elles ne sont pas trop tristes de le voir partir, ça promet), je me suis dirigé vers la boutique (déformation professionnelle !!! Et la caissière est fort jolie, et elle se souvient de m'avoir rencontré aux différentes réunions annuelles du Plan d'Action commercial du CMN, MERDE J'AI ENCORE RATE UNE OCCASION !!!) puis vers les salles des mythiques Tentures de l'Apocalypse, qui décrivent sur plus de 100 mètres de long la vie au Domaine National de Saint-Cloud, avec une dénommée Catherine dans le rôle de la Bête, et son 4X4 rose immatriculé dans le 666. Mais l'histoire finit bien, puisque la Bête est finalement terrassée par Dieu en personne, repasse en conseil de Discipline et reçoit enfin sa lettre de licenciement par courrier recommandé, et la Jérusalem Céleste resplendit dans les cieux alléluia mes frères.

pour plus de culture, cliquer sur le lien ci-dessous :

http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/anonyme/tenture/apocalypse.htm

Quand on ressort de là, on est aveuglés. Par le soleil, le vrai, et une chaleur de plomb que Catherine Laborde n'avait pas prédite la veille.

Promenade sur les remparts, c'est joli. Il y a même une petite vigne.

J'ai déjeuné, sur le conseil de mon collègue de boulot qui risque par ma faute d'aller en taule pour complicité de recel de bien public, dans une petite crêperie à trois pas du château, absolument délicieuse et pas chère : 15€ pour une galette "angevine" pleine de trucs succulents dedans, une grande bolée de cidre breton brut, une crêpe au caramel (au beurre salé !!!!!!) et un café. Et une belle jeune fille à une table en face de moi en prime.

Puis, l'estomac repu et l'âme comblée, même pas pris de remords pour mes mauvaises actions passées, j'ai déambulé à foison dans les rues ensoleillées du vieil Angers, où comme partout la jeunesse obtuse et assommée de vacances se prélasse indécemment à l'ombre des boutiques de fringues fashion. A force de vouloir mettre en valeur son patrimoine, Angers a réussi le tour de force de ressembler à un immense centre commercial en pierre de taille sale et décrépite. Faut le faire !!
Pour d'autres photos, voir l'album que je mettrai en ligne, si j'y arrive.

Enfin, voyant l'heure tourner, j'ai repris 1) mon destrier et 2) le chemin du retour. Aux 3/4 du chemin environ, je me suis aperçu avec stupéfaction que l'aiguille du réservoir d'essence était vachement plus basse qu'il y avait 40 minutes de ça... petit calcul rapide dans ma tête, soit la jauge n'est plus fiable soit ma voiture consomme près de 10 litres au cent, dans les deux cas il est plus que temps que Renault m'appelle pour me dire que ma nouvelle twingo est arrivée, et il semble également urgent de trouver une station service, n'importe où mais VITE.
Ouf, sauvé, je quitte l'autoroute à Langeais pour aller me ravitailler à la pompe à ordinaire du Père Mathieu qui trafique le diésel en y ajoutant de la vieille huile de colza transgénique rance... pour me retrouver à la queue d'une réunion de Harley, tous eux aussi à attendre pour faire le plein.
Heureusement, le réservoir d'une Harley c'est pas bien grand, je n'ai attendu que 15 minutes, gentiment parce que les Hells Angels n'aiment pas être bousculés.

Je suis finalement rentré dans mes pénates vers 18h45, et accueilli comme il se doit par ma voisine d'au-dessus, en plein concert de raclement de chaises.

Voilàààààààà. Une journée bien remplie.

Publié dans la vie de château

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Sophie3 04/05/2009 22:05

hi hi
très jolies photos !